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Témoignages d'accompagnateurs

  • Témoignage d'Armelle

La première fois que je suis partie en WE ABO, je crois que j’y suis plus allée pour faire une bonne action ! Mais très vite, j’ai découvert autre chose, difficilement exprimable d’ailleurs !

La première image qui m’a vraiment marquée est celle de Vianney, regardant la mer, inlassablement, applaudissant à chaque vague. Et sa joie qui éclate comme les vagues, devant ce spectacle si simple qu’on ne prend plus le temps de contempler.
Cette première image aura sans doute converti mon cœur…peu à peu, je rentre en relation avec les jeunes. Et là, je vois toutes leurs qualités :
La patience : souvent leurs gestes maladroits les obligent à recommencer maintes et maintes fois avant de réussir ce qu’ils ont entrepris. Moi qui souvent vis trop vite pour persévérer et faire les choses jusqu’au bout…
L’humilité : contraints d’être assistés dans tous les gestes quotidiens, ils acceptent (parfois avec réticence ! !) notre aide parfois maladroite. Puissions-nous, nous aussi, accepter leur aide pour nous convertir…
Ils ont encore beaucoup d’autres qualités. Mais ce qui sans doute me touche le plus, c’est cette amitié à chaque fois renouvelée. Tous les week ends sont différents, chaque rencontre est différente mais cette amitié, ce lien fort qui nous unit aux jeunes que nous accompagnons le temps d’un we, est toujours présente. Ces temps forts d’amitié, de rencontres ont sans doute transformé le regard que je porte dur les rencontres faites dans le quotidien du travail. Oui, les fruits d’ABO, dépassent le temps d’un WE.

trinome Vincent & Nolwenn

  • Témoignage de Cécile

Le premier don que j’ai reçu d’A Bras Ouverts a été pour moi comme pour la plupart des accompagnateurs, la grâce d’une rencontre avec une personne blessée, dans son intelligence, dans son corps, dans la sensibilité, la grâce d’un émerveillement.

Cela a été une révolution de toutes les valeurs jusqu’alors en cours. Avant le pauvre m’apparaissait comme une réalité assez lointaine : il vivait en Afrique, en Inde…ailleurs. Avec A Bras Ouverts, j’ai découvert que la pauvreté n’était pas que d’argent. Le pauvre devenait mon voisin, mon ami. Il réclamait ma participation, mais aussi bien plus : mon engagement. Très vite, on s’aperçoit que l’on vient pour donner…Et que l’on repart plus riche, car, ce qui compte, c’est ce que nous sommes, ce que nous acceptons de donner sans tricher. Nous apprenons à relativiser nos réussites et nos échecs parce que nous les évaluons bien souvent à partir de données qui sont fausses. Les plus belles réussites sont parfois muettes parce qu’elles sortent du cœur, les seuls vrais échecs arrivent lorsqu’on n’a pas su aimer en vérité.
Les enfants d’A Bras Ouverts en bouleversant cette hiérarchie des valeurs, redonnent un sens nouveau à notre vie. Cette révélation m’a donné un coup de fouet formidable. J’avais des ailes. Vous vous rendez compte ! Moi qui n’ai pas été très brillante dans mes études, qui traîne une panoplie complète de complexes, je trouvais des personnes qui me regardaient différemment, qui avaient plaisir me voir, qui m'aimaient sans fard... et que j'aimais profondément.